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Redistribution classique : le sublime comme réponse à l’aisthétisation du beau

 Par Carole Talon-Hugon

Vol 2 (1) – L’esthétique et l’environnement – Avril 2018

Résumé

L’esthétique environnementale plonge-t-elle ses racines dans l’esthétique classique de la nature ? On montrera ici que non. La révolution scientifique moderne, en renonçant au Cosmos au profit d’un paradigme mécaniste corpusculaire de la nature a conduit à une subjectivisation du sensible. L’esthétique qui naît au xviiiesiècle s’est d’abord donné pour tâche de prendre en charge le rapport sensible au monde que la nouvelle science négligeait au profit de l’étude des qualités premières. Mais l’intérêt de l’art, et notamment de la peinture, pour cette configuration particulière du sensible qu’est le paysage a produit une artialisationdu rapport sensible de l’homme au monde, c’est-à-dire a conduit à considérer ce dernier sous les catégories de beauté et de sublime, à privilégier le sens de la vue, et à prôner une attitude désintéressée. Autant de traits avec lesquels l’esthétique environnementale contemporaine rompt.

Mots-clés : esthétique environnementale, esthétique classique, monde sensible, paysage, beau, sublime, goût

Classical redistributions : The sublime as an answer to the aisthetisation of the Beauty

Does Environmental Aesthetics come from the classical Aesthetics of Nature? I will show here that that is not the case. The modern scientific revolution, in dismissing the Cosmos in favour of a corpuscular-mecanical paradigm of nature, lead to a subjectification of the Sensible. The agenda of the new discipline named aesthetics, which emerged during the 18th Century, dealt with the men’s sensitive relationship with nature – a relationship that the new science neglected in favour of the study of primary qualities. Yet, the interest of the painting for the landscapes produced an artificationof the men’s relationship with the world. That is to say that it leads to consider the nature under the values of beauty and sublime, to choose sight rather than the others senses, and to advocate a disinterested attitude toward environment. Environmental Aesthetics refuse many of these characteristics.

Key words : Environmental Aesthetic, Classical Aesthetics, nature, landscape, beauty, sublime, taste.

Plan

  • L’aisthétisationdu monde
  • L’aisthétisationde la beauté
  • L’invention de l’esthétique
  • Le paysage ou l’artialisationde la nature
  • La catégorie rivale du sublime
  • Esthétique environnementaleversusEsthétique classique du paysage

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Pour citer l’article: Carole Talon-Hugon.2018. « Redistribution classique : le sublime comme réponse à l’aisthétisation du beau ». La Pensée écologique. 2(1).