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Entretien avec Mark Usher, philosophe spécialiste de l’Antiquité, fermier et charpentier

LPE (Dominique Bourg & Sophie Swaton) :

Mark Usher, pourriez-vous vous présenter succinctement pour nos lecteurs ? Vous êtes spécialiste de l’Antiquité grecque et latine et êtes notamment connu pour les éclairages que vous apportez sur la modernité écologique en vous appuyant sur les Anciens, leur expérience si originale de la nature. Vous avez notamment publié : How to Be a Farmer: An Ancient Guide to Life on the Land, Princeton University Press, 2021 ; et Plato’s Pigs & Other Ruminations: Ancient Guides to Living with the Nature, Cambridge University Press, 2020.

 

 

Mark Usher :

Succinctement ? Je vais essayer ! La première chose que je dirais est que je n’ai jamais eu l’intention d’aller à l’Université, et encore moins de devenir universitaire. J’ai fréquenté un lycée catholique, puis j’ai terminé mes cours préparatoires à l’entrée à l’Université (qui incluaient le latin) en trois ans pour pouvoir passer ma dernière année d’école à étudier les métiers du bâtiment. J’avais l’intention de devenir charpentier le jour et de lire Nietzsche à l’arrière d’une camionnette VW le reste du temps. Mon professeur en métiers du bâtiment – un aventurier –, m’a beaucoup inspiré à cet égard. C’était un Français qui racontait une histoire incroyable, celle d’un prétendu fils d’amiral à Paris fuyant les attentes de ses parents et de la société, et arrivant à New York avec seulement 50 dollars en poche, y travaillant comme serveur et achetant avec les économies réalisées une vieille école dans le Vermont, qu’il transforma en maison. À l’époque où je l’ai rencontré, il achetait toutes sortes de vieux bâtiments, les rénovait et les revendait. C’était un artisan autodidacte extraordinaire, un travailleur infatigable, plein de ressources, un homme à femmes débonnaire et un peu fou, plus qu’un peu. Il m’a engagé pour travailler avec lui et suis immédiatement devenu son protégé, avec l’intention de me forger un style de vie similaire. Je suis donc parti en Allemagne où j’ai étudié la charpente pendant trois ans. C’est en Europe que j’ai rencontré ma femme, Caroline, d’origine britannique. Je suis né à Bad Kreuznach, d’où mon lien avec l’Allemagne. Ce n’est qu’après un accident de charpente bizarre au cours duquel j’ai perdu un œil que j’ai décidé d’aller à l’Université, environ cinq ans plus tard que mes camarades. L’accident a été l’un des moteurs de cette décision. On perd un peu la perception de la profondeur avec un seul œil, ce qui rend la marche sur les échelles et les toits difficile au début. Une autre raison est que j’ai rapidement éprouvé qu’on ne peut pas comprendre Nietzsche, ou quoi que ce soit d’autre, sans connaître la littérature et la philosophie classiques. C’est donc ce que j’ai étudié, les lettres classiques. À partir de là, les choses se sont enchaînées : j’ai poursuivi mes études, tout en travaillant comme charpentier à côté, et j’ai fini par obtenir un doctorat de l’université de Chicago. Nous avons avec Caroline décidé d’avoir des enfants avec accouchements à domicile (nous avons trois fils adultes) et de les éduquer nous-mêmes, aussi à la maison. Aux États-Unis, c’est possible ! Nous avions besoin d’un endroit pour vivre, alors nous avons construit notre propre maison. Nous avions besoin de manger et nous avons donc décidé de nous lancer dans l’agriculture.

C’est en gros comme ça que je me suis retrouvé professeur-agriculteur. Nous élevons des moutons, nous avons quelques bovins écossais Highland, nous élevons des poulets, nous cultivons de grands jardins fleuris et nous gérons une petite exploitation de sucre d’érable sur 125 acres. Il y a environ 5 ans, ma femme m’a suggéré de fusionner mon expérience agricole, sa dimension pratique, avec mes recherches universitaires en lettres classiques. Le résultat a été Plato’s Pigs (Les Cochons de Platon), qui est essentiellement une généalogie des idées sur la durabilité et de la science des systèmes dans la pensée antique. Cela a donné lieu à How to Be a Farmer, qui a lui-même débouché sur un deuxième livre de la même série de Princeton intitulé How to Say No: An Ancient Guide to the Art of Cynicism (à paraître à l’automne 2022), qui a encore donné lieu à un autre, How to Think about Animals: An Ancient Guide to Caring for All Creatures, qui sortira en 2023. C’est une sorte de boule de neige qui s’est formée. En fin de compte, ce mélange de travail agricole et de recherche intellectuelle est idéal, comme l’exprime le mieux l’un de mes héros, John Ruskin, dans « La nature du gothique », un chapitre des Pierres de Venise (1862) : « Nous voulons d’un homme qu’il soit toujours en train de penser, et d’un autre qu’il soit toujours en train de travailler, et nous appelons l’un un gentleman, et l’autre un ouvrier ; alors que l’ouvrier devrait souvent penser, et le penseur souvent travailler, et tous deux devraient être des gentlemen, dans le meilleur sens du terme. En ce moment, nous rendons tous les deux ignobles (ungentle), l’un enviant l’autre, l’autre méprisant son frère ; et la masse de la société est composée de penseurs morbides et de travailleurs misérables. Or, ce n’est que par le travail que la pensée peut être rendue saine, et ce n’est que par la pensée que le travail peut être rendu heureux, et l’on ne peut impunément séparer les deux. »

Locaux de l’IMéRA (Institut d’études avancées d’Aix-Marseille Université) à Marseille, direction scientifique d’Enrico Donaggio, où séjourne pour quelques mois Mark Usher. Mark mène son projet de recherche au sein de l’IMéRA dans le cadre du programme Méditerranée dirigé par Thierry Fabre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LPE :   

Penser autrefois est très différent de penser aujourd’hui. Depuis Kant la plupart des penseures et penseurs sont académiques, fonctionnaires. Il en allait très différemment dans l’Antiquité. Qu’en était-il ? Quelle importance et influence pour la pensée des anciens ?

MU :

Nous avons une dette incalculable envers le grand Pierre Hadot pour nous avoir rappelé que dans l’Antiquité, la philosophie était avant tout une manière de vivre dans le monde. Cela est vrai pour toutes les écoles philosophiques – les stoïciens, les épicuriens, même les sceptiques. C’était également vrai pour des penseurs systématiques et encyclopédiques comme Platon et Aristote. Comme Socrate, le saint patron de tous les philosophes, le dit à Criton alors qu’il attend d’être exécuté en prison : « La vie ne consiste pas seulement à vivre, il s’agit de bien vivre ». La philosophie n’était pas seulement un exercice mental, une énigme, un problème ou un jeu (même s’il y avait bien sûr des pédants, des sophistes et des scolastiques dans l’Antiquité). Les propositions de la philosophie antique, quelle que soit l’école, étaient destinées à fournir le fondement d’attitudes saines et d’une vie juste. La philosophie antique s’apparentait à une religion dans la mesure où elle exigeait une conversion et une réorientation de toute la personne et, dans une certaine mesure, un rejet des valeurs conventionnelles. Devenir philosophe n’est pas une mince affaire ! C’est un processus qui consiste à devenir et à ne jamais parvenir. Et la réflexion n’est pas la partie la plus difficile. Les cyniques ont insisté sur ce point. La philosophie est une praxis. Une autre caractéristique de la philosophie antique était qu’elle offrait un mode de vie ouvert à tous, sans distinction de classe, de sexe ou de statut. Parmi les stoïciens, par exemple, Épictète avait été un esclave, Cléanthe un terrassier, et quant à Marc-Aurèle, empereur de Rome, son job était d’être l’homme le plus puissant de son temps. L’école d’Épicure, surnommée « Le Jardin », accueillait des femmes, y compris des prostituées. Hipparchia de Maroneia, la première et peut-être la seule femme cynique, a choisi de vivre à la dure dans les rues d’Athènes, malgré une éducation aristocratique ; sa vie était une protestation réfléchie contre des conventions sociales irréfléchies. Comme le dit Sénèque dans la Lettre 44, « la philosophie ne rejette ni ne choisit personne, mais elle éclaire tout le monde ».

 

LPE :   

Dans vos écrits vous montrez à quel point l’expérience de la nature pour les anciens était proche, quotidienne, avec un sens des éléments que nous avons totalement perdu. Pouvez-vous nous en parler ?

MU :

Les Grecs et les Romains de l’Antiquité n’avaient rien à voir avec notre déconnexion de la Nature due à la technologie. Ils ont conservé un ancrage terrestre et une proximité avec les sources de leur survie que la plupart des personnes vivant aujourd’hui dans les pays développés ne possèdent plus. Non seulement prénumériques et préindustrialisés, les Anciens étaient également précapitalistes, préréductionnistes, prépostmodernes et préposthumains. Dotés d’une plus grande sensibilité, ils vivaient au plus près des périls et des promesses de leur environnement. Un poète comme Virgile, qui évoque avec émotion la beauté des paysages naturels dans toutes ses œuvres, est souvent considéré comme un littérateur romantique. C’est en partie vrai. C’est un poète après tout. Mais il fait également preuve d’une connaissance si intime de la géographie italienne et des mythes et coutumes locaux qu’il m’est difficile de ne pas penser qu’il a visité en personne la plupart des endroits dont il parle dans ses écrits. Cela représente beaucoup de temps passé à la campagne, étant donné la prolifération des références à des lieux dans ses œuvres. En d’autres termes, il ne se contente pas de lire des livres à la bibliothèque, c’est un observateur des paysages, voire un participant. Dans la mythologie grecque et romaine, il y a une naïade pour chaque source et un génie dans chaque forêt.  De même, dans le culte grec et romain, il existe un fort sentiment d’intégration de l’homme aux paysages et aux lieux. Lorsque vous disposez d’une mythologie et de traditions qui vous lient à des lieux spécifiques, vous ressentez un lien plus profond à ces lieux et êtes tenu de les chérir et de les préserver, voire de les vénérer. Les humains vivant dans les sociétés modernes sont beaucoup plus déracinés et déstabilisés à cet égard. Cette déconnexion de la nature est le résultat inévitable du « progrès » dans une économie de croissance, lorsque le progrès est défini comme une sorte de mouvement au-dessus ou au-delà d’un état dans lequel on se trouve déjà. Attendez qu’Elon Musk colonise Mars. Là, nous serons aussi éloignés que possible de la Nature !

 

LPE :   

En quoi Lucrèce dans sa « philosophie du compost » apporte-t-il une vision permettant d’éclairer les relations symbiotiques plantes-animaux-humains-nature ? Est-ce vraiment assimilable à la sensibilité écologique émergente contemporaine ? Comment comprendre la relation entre ce que vous soutenez et le mécanisme antique qui est une forme de préfiguration par certains côtés du mécanicisme qui s’imposera avec la modernité ?

MU :

Baird Callicott, un philosophe américain de l’environnement dont j’admire le travail, soutient que pour atteindre la durabilité socio-économique dans des termes compatibles avec les cycles biogéochimiques de la planète, nous devons suivre l’exemple de la nature : « La durabilité écologique », écrit-il, « consiste à adapter les systèmes économiques humains à l’économie de la nature dans laquelle l’économie humaine mondialisée est intégrée et par rapport à laquelle elle devrait se situer, du microcosme au macrocosme, et à les modeler sur cette économie. » Dans la mesure où l’économie de la nature fonctionne à l’énergie solaire, et où tous les substrats élémentaires de la nature – hydrogène, oxygène, carbone, azote, etc. – sont recyclés, l’économie humaine, selon ce point de vue, ne sera durable par rapport à la nature que si elle parvient à constituer un système dynamique, en boucle fermée, alimenté par l’énergie solaire, dans lequel tous les matériaux sont réabsorbés ou dissipés. Autrement dit, il n’y aurait pas de déchets non-biodégradables. Ce raisonnement s’apparente quasiment à une page de Lucrèce. La pierre angulaire de la physique d’Épicure (sur laquelle reposait également son éthique) est la conviction, issue de la démonstration empirique, que « rien ne vient de rien, ni ne retourne à rien ». Les cycles de vie de la Terre, affirme Lucrèce tout au long du De Rerum Natura, fournissent une preuve suffisante de ce postulat. Son raisonnement scientifique reflète un mode de pensée typique de l’Antiquité, qui consiste à déduire des processus observables de la nature ce que devraient être nos disposition et ligne de conduite. Son empirisme est une espèce d’analogie, mais on pourrait à juste titre l’appeler aussi, dans un langage plus moderne, une forme de « biomimétisme ». Toutes les écoles de philosophie de l’Antiquité fondaient leurs arguments sur le principe selon lequel le comportement humain devait s’aligner sur les états de fait observés dans la nature, un principe résumé par l’expression secundum naturam (« suivre l’exemple de la nature »). En choisissant comment vivre, travailler et interagir sur une planète en danger, il est impératif que nous fassions de même. Bien sûr, notre compréhension scientifique de la nature est bien meilleure aujourd’hui qu’elle ne l’était dans l’Antiquité. Cependant, les conséquences des interventions scientifiques et technologiques d’aujourd’hui sont également plus importantes, pour cette même raison. On pourrait dire que ces conséquences sont, potentiellement, exponentielles, en bien comme en mal. Mais des modes de vie et des pratiques sociales visant à s’intégrer harmonieusement aux systèmes naturels pourraient nous sauver de nous-mêmes à cet égard. Les anciennes façons d’être dans le monde pourraient bien fournir le contrepoids dont nous avons besoin pour trouver une alternative productive à la croissance technologique, économique et scientifique illimitée.

 

 LPE :    

Rome c’est de la fin de la République à l’apogée de l’empire une mégapole d’1 million d’habitants reliée à l’empire, avec quelques autres villes au sein de l’empire de 100’000 habitants. Qu’est-ce que vivre la ville pour un Romain (pestilence, bruit, foule, etc.) ? Que signifie la nature dans ces conditions ?

MU :

Les satiristes Horace et Juvénal se plaignent beaucoup des conditions de vie à Rome. Horace exprime son désir de se retirer dans sa ferme sabine, un cadeau de son protecteur Maecenas, un endroit où il peut penser, écrire et profiter de ses amis, en mangeant des plats simples de la campagne, loin du chaos de la vie urbaine. Quelques générations plus tard, Néron a eu l’idée saugrenue de recréer « un peu de campagne dans la ville » – rus in urbe – ce qui serait le nom qu’il a donné à son infâme Domus Aurea, une monstruosité d’excès extravagants pour créer de l’espace, pour laquelle l’empereur a aspergé la ville de bombes incendiaires et s’est amusé pendant qu’elle brûlait. Néron, bien sûr, était une aberration heureusement disparue depuis longtemps. Mais l’envie de recréer un mode de vie plus proche de la Nature était un fantasme de l’élite urbaine à la fin de la République et au début de l’Empire, comme c’est le cas pour les élites urbaines d’aujourd’hui. Un passage de Varro est particulièrement révélateur, une sorte d’allégorie de ce désir ardent. Il situe le livre 1 de ses Res rusticae (« Affaires de campagne ») dans le temple de Tellus (la déesse Terre). Ses interlocuteurs, dont le nom et le pedigré sont étroitement liés à leur milieu agricole – Fundanius (M. Farmer), Agrius (M. Field), Scrofa (M. Porker), Stolo (« Offshoot ») – regardent avec admiration une carte d’Italie peinte sur le mur, tout en discutant des détails de la gestion d’une ferme. Leur conversation tranquille est cependant interrompue brusquement à la fin du livre lorsque l’affranchi du gardien du temple, Fundilius (un autre « Fermier »), avec qui Varro et ses collègues étaient censés dîner plus tard dans la soirée, fait irruption pour annoncer que Fundilius a été inexplicablement poignardé dans la rue et tué. La superposition par Varro d’un acte de violence urbaine à une discussion sur des questions rurales se lit comme une élégie pour un ancien mode de vie agraire tué par le mécontentement et les excès de la ville. Il est clair pour moi quel mode de vie Varro, qui, comme Horace, avait une ferme à Sabina et avait 80 ans lorsqu’il a écrit ce livre, aurait avec le recul préféré.

 

LPE :   

Nous sommes emportés par une dynamique d’effondrement de notre civilisation (politique, géopolitique, culturelle et médiatique et bien sûr écologique et climatique). Les Anciens ont-ils eu une conscience de leur propre effondrement avant le sac de 410 ? Puis après ?

MU :

Oui, je le pense. Chaque génération a ses Jérémie. Sénèque, par exemple, écrivant dans les années 60, déclare à plusieurs endroits que l’ekpyrosis – la doctrine stoïcienne selon laquelle le monde sera consumé par le feu –, est allumée par et servira de punition à l’excès et à la surconsommation humaine. Les Oracles sibyllins et chaldéens mettent en garde contre les répercussions cosmiques et politiques qui découlent directement du comportement démesuré de l’homme. Il existe également un passage remarquable chez Tertullien (IIe siècle de notre ère), proposé dans le De Carne Christi pour réfuter ce qu’il considérait comme l’illogisme des idées platoniciennes sur la préexistence de l’âme et la doctrine pythagoricienne de la réincarnation. Pour que la réincarnation fonctionne, dit-il, il doit y avoir un nombre fixe d’âmes dans le monde qui sont continuellement recyclées. Cependant, la croissance démographique et le progrès de la civilisation vont à l’encontre de cette position.

Il est évident que la Terre elle-même est chaque jour plus cultivée et plus construite qu’à son origine. Tout est accessible maintenant ; tout est connu ; tout est en ébullition avec le commerce. Les plus belles fermes ont effacé les sauvages légendes ; les champs ont conquis les forêts ; les troupeaux ont mis en fuite les bêtes sauvages ; les sables du désert sont ensemencés, les rochers sont labourés, les marais asséchés. Ce qui n’était même pas des maisons autrefois, sont maintenant de grandes villes, etc. Partout c’est la maison, partout les gens, partout le gouvernement, partout la vie.

Je trouve la litanie d’exemples de Tertullien sur l’impact de l’homme sur la Terre quelque peu ambivalente. Elle me semble être à la fois une affirmation et une complainte. Elle rappelle en partie l’éloge que dresse Virgile de l’Italie et de la vie rurale dans les Géorgiques. Mais lorsque Tertullien poursuit en qualifiant les fléaux, les famines, les guerres et les catastrophes naturelles de « remède à la civilisation » (civitatum pro remedio) et « d’émondage, pour ainsi dire, de l’insolence de la race humaine » (tamquam tonsura insolescentis generis humani), et conclut de façon lapidaire « nous sommes un fardeau pour le monde » (onerosi sumus mundo), je pense que nous sommes là face à un observateur conscient du potentiel d’effondrement.