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L’art du paysage

 Par Raffaele Milani

Vol 2 (1) – avril 2018 – L’environnement et l’esthétique

Résumé

Dans la perspective de cette étude, le problème du paysage provient non pas de la transfiguration artistique, le paysage dans la peinture, mais il se situe sur le plan du travail de l’homme et ainsi de la vision, de l’imagination et de la contemplation. On veut comprendre la signification du paysage comme une catégorie esthétique dans le domaine de la sensibilité humaine, sous le signe de la réalité, de la valeur, du symbole, éclairée par la manifestation multiple des choses qui nous entourent et de sa transfiguration ensuite dans l’art et dans la littérature. Grâce à un réseau d’impressions, de sentiments et de jugements, l’expérience des formes s’offre en un certain dessein de connaissance. La catégorie esthétique vise à révéler la structure même des objets et des phénomènes, en se situant entre l’intention humaine et la nature intime du monde. Dans cet intervalle, la vérité de la beauté du paysage naturel et du paysage construit est appréhendée précisément dans l’optique d’un art qui est le résultat du faire, du sentiment et de l’imaginaire. Nous sommes depuis toujours fascinés par la nature environnante. Il nous est facile de comprendre, d’entendre la signification et la valeur du paysage en tant que catégorie esthétique le long du processus de la civilisation.

Mots-clés:paysage, nature, art, esthétique, histoire

The Art of the Landscape

Abstract

The research presented here attempts to understand the meaning and value of the landscape as an aesthetic category, which is to say, as a fundamental concept that, in the context of human sensibility, characterizes and determines complex reflections on the many manifestations of the nature that surrounds us and on its representation in art and literature. Through a dense network of critical judgments and expressions of feeling, the aesthetic experience becomes a process of cognition that leads to a noetic or ontological field. Indicators of the relationships that underlie our judgments as they relate to our sensibilities, aesthetic categories tend to reveal the very structure of objects and phenomena, mediating between human intention and the inherent nature of the world. Landscape, which today is more and more tied to ecology, geography, and the use of land, is analyzed here in terms of its aesthetic value and function, illustrating its cultural and historical identity. It is interpreted as the evolution of a constant, a heterogeneity of components whose meanings are nonetheless “identical” in that they remain implicit and rooted in the language and life of humankind. The landscape expresses a sentimental response and, at the same time, a need for abstraction. It is an objective disposition, an internal aspect of creative works that reproduce the forms of natural beauty.

Key words: landscape, nature, art, aesthetics, history

Plan

  • Le mythe
  • L’identité des lieux
  • Le regard
  • Visions
  • Mémoire

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Pour citer cet article : Raffaele Milani.2018. « L’art du paysage ». La Pensée écologique. 2(1).




Pour une esthétique de la charogne

 Par Hicham-Stéphane Afeissa

Vol 2 (1) – avril 2018 – L’esthétique et l’environnement

Résumé

L’apport majeur de l’esthétique environnementale au cours de la seconde moitié du XXesiècle a consisté à démontrer qu’il existe un lien entre l’expérience esthétique et la connaissance scientifique, la science naturelle fournissant les schèmes classificatoires permettant de savoir ce qu’il convient d’apprécier et comment il convient de le faire lorsqu’il en va de l’appréciation de la nature. La réhabilitation des paysages des marais depuis le milieu du XIXesiècle offre une belle confirmation de la validité de cette thèse, cette dernière étant en effet largement redevable des leçons de l’écologie, à telle enseigne que l’on peut bien tenir les paysages des marais pour l’objet paradigmatique de toute esthétique environnementale. Mais peut-on espérer effectuer semblable revalorisation du spectacle intrinsèquement répugnant que donne à voir un corps en décomposition, quelles que puissent être nos notions sur l’écologie du recyclage des nutriments ? La charogne n’est-elle pas l’objet-limite de toute esthétique ?

Mots-clé : charogne, connaissance scientifique, décomposition, expérience esthétique, marais

Abstract

The major contribution of environmental aesthetics during the second half of the twentieth century was to demonstrate that there is a link between aesthetic experience and scientific knowledge. Natural science provides classificatory schemes to know what it is necessary to appreciate and how to do this when appreciation of nature is at stake. The rehabilitation of swamp landscapes since the middle of the 19th century offers a good confirmation of the validity of this thesis, since the latter is largely indebted to the lessons of ecology, so much so that the landscapes of swamp can operate as the paradigmatic object of any environmental aesthetics. But can we hope to make a similar revaluation of the inherently disgusting spectacle of a decaying body, how fertile our notions about an ecology of nutrient recycling could be? Is carrion not the limit object of all aesthetics?

Key-words :carrion, scientific knowledge, decomposition, aesthetic experience, swamp

Plan

  • Au cœur du laboratoire de la décomposition
  • L’art de la décomposition
  • L’esthétique environnementale
  • L’esthétique des marais
  • La rédemption artistique de la laideur et la représentation de l’immonde

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Pour citer l’article :  Hicham-Stephane Afeissa. 2018.  » Pour une esthétique de la charogne « . La Pensée écologique.  2(1).




L’esthétique, l’humilité et l’étonnement : d’autres modes de relation à l’environnement

Par Emily Brady

Vol 2 (1) – avril 2018 – L’environnement et l’esthétique

Résumé

Dans cet article, j’avance la thèse que le développement de relations significatives d’ordre à la fois esthétique et éthique entre espèces et au sein des différentes espèces, entités organiques et inorganiques, se révèle d’une importance décisive pour configurer un avenir commun sur la planète terre. À cette fin, j’esquisse les contours de ces relations au moyen de « modes de relation » qui revêtent une importance et une signification particulières pour les êtres humains et les non-humains. Les modes de relation que j’examine sont : Esthétique– un mode de relation caractérisé par la perception multisensorielle, l’attention et l’imagination libre ; Humilité – un mode de relation, compris de manière épistémologique et morale, caractérisé par la conscience des limites de la connaissance et du pouvoir humains ; et l’Étonnement– un mode de relation caractérisé par l’ouverture d’esprit et la curiosité. Comment justifier l’idée que ces modes de relation sont désirables ? Je poserai cette question pour chacun d’entre eux, en me demandant dans quelle mesure l’esthétique, l’humilité et l’étonnement permettent de construire un avenir florissant.

Mots-clé :attention, avenir, curiosité, esthétique, étonnement, humilité, imagination, mode de relation, limites

Aesthetics, Humility, and Wonder: Other-Regarding Ways of Relating to Environment

 Abstract

In this paper, I argue that developing meaningful aesthetic-ethical relationships among and between species, organic and inorganic entities, is central to shaping a shared future on planet earth. To this end, I outline the contours of those relationships through, specifically, ‘ways of relating’ that have significance and meaning for human and more than human worlds. The ways of relating I explore are: Aesthetics – a way of relating characterized by multisensory perception, attention and imaginative freedom; Humility – a way of relating, both epistemically and morally, characterized by awareness of the limits of human knowledge and power; and Wonder – a way of relating characterized by openness and curiosity. On what grounds are these ways of relating desirable? I’ll ask this question of each one, considering how aesthetics, humility and wonder enable us to build a flourishing future.

Key-word: aesthetics, attention, curiosity, future, humility, imaginative freedom, limits, way of relating, wonder

CONTENT

  • Introduction
  • Meaningful relations as starting point
  • Aesthetics as a way of relating
  • Humility – moral and epistemic
    • Moral humility
    • Epistemic humility
    • Rachel Carson
  • Wonder
    • John Muir
    • Animals
    • Geology
  • Conclusion

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Pour citer l’article :  Emily Brady. 2018. « L’esthétique, l’humilité et l’étonnement : d’autres modes de relation à l’environnement ». La Pensée écologique. Vol 2 (1).




Esthétique, phénoménologie de l’habitation de la Terre et considération

Par Corine Pelluchon

Vol 2 (1) – avril 2018 – L’esthétique et l’environnement

Résumé

L’appréciation esthétique de la nature implique un engagement du corps et contribue à élargir notre perception de nous-mêmes en nous faisant ressentir notre appartenance à la communauté biotique. Pourtant, l’esthétique environnementale ne se fonde pas sur la connaissance des phénomènes biologiques complexes ni même sur une éthique environnementale liée à la reconnaissance de la valeur intrinsèque des autres vivants. La capacité à admirer la nature indépendamment de l’usage que l’on en a suppose un décentrement du regard, mais ce dernier ne résulte pas de connaissances ou de normes. Il est plutôt le fruit d’une transformation de soi qui modifie en profondeur la manière dont le sujet se pense et perçoit la nature. Tel est le sens de la considération, qui unit l’éthique et l’esthétique, la capacité à admirer les animaux sans chercher à les dominer et le désir de prendre soin de la nature découlant d’un rapport à soi et au monde commun.

Mots-clefs : corporéité, esthétique, éthique de la Terre, éthique des vertus, phénoménologie de l’habitation de la Terre

Aesthetics, Phenomenology of the Inhabiting the Earth and Virtue Ethics

Abstract

Environmental aesthetics requires a participation of the body and contributes to enlarge our perception of ourselves by making us feel that we are members of the biotic community. And yet, environmental aesthetics is not based upon biological knowledge. Nor is it grounded upon environmental ethics and the acceptance of the intrinsic value of other living beings. The capacity to admire nature without focusing on the way we use it supposes that we depart from an anthropocentric point of view. However, this change does not result from norms nor knowledge. It is rather the consequence of a process of self-transformation that changes from within the way we think ourselves and perceive nature. This is at stake in the notion of consideration, which articulates ethics and aesthetics: the capacity to admire animals without exploiting them and the desire to care for nature derive from the experience of our relation to the common world we belong.

Key words : Aesthetics, Corporeality, Land Ethic, Phenomenology of living on Earth, Virtue Ethics

Plan

  • Introduction
  • Esthétique de la nature et phénoménologie de l’habitation de la Terre
    • Le sentir et la corporéité
    • Plaisir, existence et élargissement du sujet
    • L’émotion esthétique témoigne du lien nous unissant à la nature
  • Esthétique et éthique de la considération
    • Sens commun, monde commun et responsabilité
    • L’éthique comme transformation de soi
    • La considération, lien unissant l’éthique et l’esthétique
    • Perspectives et conclusion

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Pour citer l’article: Corine Pelluchon.2018. Esthétique, phénoménologie de l’habitation de la Terre et considération. La Pensée écologique. Vol 2 (1)




L’expérience esthétique à l’épreuve des valeurs de la nature : vers une esthétique environnementale intégrale

Par Gérald Hess

Vol 2 (1) – avril 2018 – L’environnement et l’esthétique

Résumé

Grâce aux travaux du philosophe Allan Carlson notamment, l’esthétique environnementale est devenue aujourd’hui un champ de la réflexion philosophique qui s’est clairement émancipé de l’esthétique artistique aussi bien que d’une conception subjectiviste de l’esthétique. Dans cet article je questionne d’abord le modèle cognitiviste de Carlson dans une perspective anthropologique et épistémologique, afin de monter que la beauté de la nature, fût-elle épistémiquement objective, est insuffisante pour servir un argumentaire en faveur d’une protection de l’environnement. Je suggère que ce modèle doit être corrigé ou complété par une approche en 1èrepersonne, comme celle que propose la phénoménologie. Aussi bien l’esthétique de l’engagement d’Arnold Berleant qu’une esthétique de la médiance, inspirée de l’œuvre du géographe Augustin Berque, invitent à dépasser le dualisme épistémologique encore sous-jacent à l’esthétique objectiviste de Carlson. La perspective phénoménologique conduit finalement à revisiter l’esthétique acentrique du détachement de Stan Godlovitch. Le détachement ne signifie pas nécessairement un point de vue extérieur au monde ; on peut être détaché de l’intérieur du monde en étant au plus près de la présence de la nature elle-même. Une esthétique environnementale au service de la protection de l’environnement doit être une esthétique intégrale : elle doit recourir non seulement à la beauté de la nature dans une attitude de désintéressement, mais encore à son « habitabilité » dans une attitude d’engagement et à son mystère dans une attitude de détachement.

Mots-clés : Berleant, Carlson, Godlovitch, esthétique, phénoménologie, beauté, habitabilité, mystère, désintéressement, engagement, détachement

Aesthetic experience under the consideration and point of view of values of nature: toward an integral environmental aesthetics

Abstract

With the work of philosopher Allan Carlson in particular, environmental aesthetics has become a field of philosophical reflection emancipated from aesthetics of arts as well as from a subjectivist conception of aesthetics. In this paper I first question Carlson’s cognitivist model of environmental aesthetic from an anthropological and epistemological point of view, in order to ascertain that the beauty of nature, even if it is epistemically objective, is not sufficient as an argument for the protection of nature. I suggest that this model must be corrected or supplemented by a first-person approach, like phenomenology. Arnold Berleant’s aesthtetics of engagement or aesthetics of “mediance”, inspired by the work of the French geographer Augustin Berque, invites to go beyond the epistemological dualism still underlying Carlson’s objectivist aesthetics. The phenomenological perspective leads at the end to revisit Stan Godlovitch’s model of acentric aesthetics. Aloofness means not necessary to be outside the world; one can be detached from inside the world in being closer to the presence of nature itself. Environmental aesthetics in the service of the protection of the environment must be an integral aesthetics: it must not only refer to the beauty of nature in an attitude of disinterestedness, but also to its “habitability” in an attitude of engagement and to its mystery in an attitude of aloofness .

Key words : Berleant, Carlson, Godlovitch, aesthetics, phenomenology, beauty, inhabitability, mystery, disinterestedness, engagement, aloofness

Plan

    • Introduction
    • Le modèle cognitiviste de Carlson
    • L’approche phénoménologique de l’esthétique environnementale : esthétique de l’engagement et esthétique de la médiance
    • L’esthétique acentrique
  • Conclusion : vers une esthétique environnementale intégrale

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Pour citer l’article: Gérald Hess.2018. L’expérience esthétique à l’épreuve des valeurs de la nature : vers une esthétique environnementale intégrale. La Pensée écologique. Vol 2(1)




Le protectionnisme esthétique de Ned Hettinger

Par Hicham-Stéphane Afeissa

Vol 2 (1) – avril 2018 – Dossier « L’esthétique et l’environnement »

Résumé

Nous nous proposons de présenter les fondements de la théorie d’esthétique environnementale que Ned Hettinger a développée sous le nom de « protectionnisme esthétique », en entendant par-là la théorie selon laquelle les considérations esthétiques fournissent par elles-mêmes une importante justification rationnelle aux entreprises de protection de l’environnement, sans être pour autant exclusives d’autres types d’argumentaires visant à atteindre le même objectif.  Le protectionnisme esthétique est une théorie pluraliste qui s’efforce de réaliser une synthèse équilibrée des différents modèles d’esthétique environnementale avancés depuis le début des années 1970. Même si elle accorde un privilège à l’esthétique cognitive élaborée par Allen Carlson, puis développé par Holmes Rolston dans le cadre de sa propre philosophie, la théorie de Hettinger n’ignore pas les limites d’une telle approche et reconnaît expressément l’existence d’une multiplicité de réactions esthétiques légitimes à l’environnement, parmi lesquelles certaines apparaissent toutefois comme étant préférables à d’autres.

Mots-cléfs : Carlson, pluralisme, protectionnisme esthétique, objectivité esthétique, Rolston

Abstract

We propose to present the foundations of the theory of environmental aesthetics that Ned Hettinger has developed under the name of « aesthetic protectionism ». In his theory Hettinger thinks that aesthetic considerations provide an important rational justification for environmental protection, without being exclusive of other types of arguments aimed to achieve the same objective. Aesthetic protectionism is a pluralist theory that strives to achieve a balanced synthesis of the different models of environmental aesthetics advanced since the early 1970s. Even if it grants a privilege to the cognitive aesthetics developed by Allen Carlson, then developed by Holmes Rolston as part of his own philosophy, Hettinger’s theory is aware of the limits of such an approach and expressly recognizes the existence of a multiplicity of legitimate aesthetic reactions to the environment, some of which, however, appear as being preferable to others.

Key-words: Carlson, pluralism, aesthetic protectionism, aesthetic objectivity, Rolston

Plan

    • Qu’est-ce que le protectionnisme esthétique ?
    • De la nécessité des arguments esthétiques en matière de protection environnementale
    • Protectionnisme esthétique et anthropocentrisme
    • Protectionnisme esthétique et objectivité esthétique
  • Pour un modèle pluraliste en esthétique environnementale

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Pour citer l’article : Hicham-Stéphane Afeissa.2018. Le protectionnisme esthétique de Ned Hettinger. La Pensée écologique. Vol 2(1).




Redistribution classique : le sublime comme réponse à l’aisthétisation du beau

 Par Carole Talon-Hugon

Vol 2 (1) – L’esthétique et l’environnement – Avril 2018

Résumé

L’esthétique environnementale plonge-t-elle ses racines dans l’esthétique classique de la nature ? On montrera ici que non. La révolution scientifique moderne, en renonçant au Cosmos au profit d’un paradigme mécaniste corpusculaire de la nature a conduit à une subjectivisation du sensible. L’esthétique qui naît au xviiiesiècle s’est d’abord donné pour tâche de prendre en charge le rapport sensible au monde que la nouvelle science négligeait au profit de l’étude des qualités premières. Mais l’intérêt de l’art, et notamment de la peinture, pour cette configuration particulière du sensible qu’est le paysage a produit une artialisationdu rapport sensible de l’homme au monde, c’est-à-dire a conduit à considérer ce dernier sous les catégories de beauté et de sublime, à privilégier le sens de la vue, et à prôner une attitude désintéressée. Autant de traits avec lesquels l’esthétique environnementale contemporaine rompt.

Mots-clés : esthétique environnementale, esthétique classique, monde sensible, paysage, beau, sublime, goût

Classical redistributions : The sublime as an answer to the aisthetisation of the Beauty

Does Environmental Aesthetics come from the classical Aesthetics of Nature? I will show here that that is not the case. The modern scientific revolution, in dismissing the Cosmos in favour of a corpuscular-mecanical paradigm of nature, lead to a subjectification of the Sensible. The agenda of the new discipline named aesthetics, which emerged during the 18th Century, dealt with the men’s sensitive relationship with nature – a relationship that the new science neglected in favour of the study of primary qualities. Yet, the interest of the painting for the landscapes produced an artificationof the men’s relationship with the world. That is to say that it leads to consider the nature under the values of beauty and sublime, to choose sight rather than the others senses, and to advocate a disinterested attitude toward environment. Environmental Aesthetics refuse many of these characteristics.

Key words : Environmental Aesthetic, Classical Aesthetics, nature, landscape, beauty, sublime, taste.

Plan

  • L’aisthétisationdu monde
  • L’aisthétisationde la beauté
  • L’invention de l’esthétique
  • Le paysage ou l’artialisationde la nature
  • La catégorie rivale du sublime
  • Esthétique environnementaleversusEsthétique classique du paysage

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Pour citer l’article: Carole Talon-Hugon.2018. « Redistribution classique : le sublime comme réponse à l’aisthétisation du beau ». La Pensée écologique. 2(1).




Introduction : l’environnement et l’esthétique

Par Gérald Hess

Vol 2 (1) – Avril 2018

L’approche philosophique d’une esthétique de la nature est aussi ancienne que la philosophie elle-même. Les travaux de Pierre Hadot (2002) sur la conception de la philosophie antique conçue comme un exercice spirituel sont aujourd’hui bien connus. L’exercice spirituel se caractérise dans l’Antiquité non seulement par le retour à une vie simple, animée par le souci de vivre selon la nature, mais également…

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Pour citer l’article : Gérald Hess. 2018. « Éditorial : l’environnement et l’esthétique », La Pensée écologique, vol. 2 (1)