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Entre finitude et infinitude: le paradoxe de l’ingénierie climatique

Par Léon Hirt

Résumé

Cette recherche propose d’étudier la géo-ingénierie – ou ingénierie climatique (IC) – sous le prisme d’un paradoxe d’ordre anthropologique que je nomme le « paradoxe de l’IC ». Ce dernier est défini comme étant l’existence simultanée d’une perception de la finitude et d’un esprit infini qui cherche à transcender cette finitude. Je suggère que l’IC découle de cette tension entre la perception de la finitude et l’esprit infini, et qu’il résulte de cette situation paradoxale une recherche d’un sentiment de transcendance ontologique. De façon générale, ce cadre d’analyse invite à repenser la manière d’aborder l’IC et les techniques y afférentes. Plus concrètement, il invite à repenser la définition de l’IC et les critères employés pour classer les techniques relevant de l’IC.

Mots-clés: géo-ingénierie, ingénierie climatique, finitude, infinitude, anthropologie

Abstract

In this study, I propose to apprehend geoengineering – or climate engineering (CE) –through an anthropological paradox named “the paradox of CE”, which I define as the fact that, simultaneously, one perceives finitude, but through a particular mind-set, I call “infinite mind” that strives to transcend finitude. I suggest that CE stems from the tension between the perception of finitude and the infinite mind, and that the paradox results in a feeling of ontological transcendence. Consequently, the framework through which CE is analysed suggests we need to rethink the way we perceive CE and its techniques. More specifically, we suggest reconsidering both the definition of CE and the criteria used to classify CE techniques.

Keywords : geoengineering, climate engineering, finitude, infinitude, anthropology

Référence: Hirt Léon, 2019, « Entre finitude et infinitude : le paradoxe de l’ingénierie climatique », La Pensée écologique, vol. 3, no. 1