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Pour une esthétique de la charogne

 Par Hicham-Stéphane Afeissa

Vol 2 (1) – avril 2018 – L’esthétique et l’environnement

Résumé

L’apport majeur de l’esthétique environnementale au cours de la seconde moitié du XXesiècle a consisté à démontrer qu’il existe un lien entre l’expérience esthétique et la connaissance scientifique, la science naturelle fournissant les schèmes classificatoires permettant de savoir ce qu’il convient d’apprécier et comment il convient de le faire lorsqu’il en va de l’appréciation de la nature. La réhabilitation des paysages des marais depuis le milieu du XIXesiècle offre une belle confirmation de la validité de cette thèse, cette dernière étant en effet largement redevable des leçons de l’écologie, à telle enseigne que l’on peut bien tenir les paysages des marais pour l’objet paradigmatique de toute esthétique environnementale. Mais peut-on espérer effectuer semblable revalorisation du spectacle intrinsèquement répugnant que donne à voir un corps en décomposition, quelles que puissent être nos notions sur l’écologie du recyclage des nutriments ? La charogne n’est-elle pas l’objet-limite de toute esthétique ?

Mots-clé : charogne, connaissance scientifique, décomposition, expérience esthétique, marais

Abstract

The major contribution of environmental aesthetics during the second half of the twentieth century was to demonstrate that there is a link between aesthetic experience and scientific knowledge. Natural science provides classificatory schemes to know what it is necessary to appreciate and how to do this when appreciation of nature is at stake. The rehabilitation of swamp landscapes since the middle of the 19th century offers a good confirmation of the validity of this thesis, since the latter is largely indebted to the lessons of ecology, so much so that the landscapes of swamp can operate as the paradigmatic object of any environmental aesthetics. But can we hope to make a similar revaluation of the inherently disgusting spectacle of a decaying body, how fertile our notions about an ecology of nutrient recycling could be? Is carrion not the limit object of all aesthetics?

Key-words :carrion, scientific knowledge, decomposition, aesthetic experience, swamp

Plan

  • Au cœur du laboratoire de la décomposition
  • L’art de la décomposition
  • L’esthétique environnementale
  • L’esthétique des marais
  • La rédemption artistique de la laideur et la représentation de l’immonde

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Pour citer l’article :  Hicham-Stephane Afeissa. 2018.  » Pour une esthétique de la charogne « . La Pensée écologique.  2(1).




Le protectionnisme esthétique de Ned Hettinger

Par Hicham-Stéphane Afeissa

Vol 2 (1) – avril 2018 – Dossier « L’esthétique et l’environnement »

Résumé

Nous nous proposons de présenter les fondements de la théorie d’esthétique environnementale que Ned Hettinger a développée sous le nom de « protectionnisme esthétique », en entendant par-là la théorie selon laquelle les considérations esthétiques fournissent par elles-mêmes une importante justification rationnelle aux entreprises de protection de l’environnement, sans être pour autant exclusives d’autres types d’argumentaires visant à atteindre le même objectif.  Le protectionnisme esthétique est une théorie pluraliste qui s’efforce de réaliser une synthèse équilibrée des différents modèles d’esthétique environnementale avancés depuis le début des années 1970. Même si elle accorde un privilège à l’esthétique cognitive élaborée par Allen Carlson, puis développé par Holmes Rolston dans le cadre de sa propre philosophie, la théorie de Hettinger n’ignore pas les limites d’une telle approche et reconnaît expressément l’existence d’une multiplicité de réactions esthétiques légitimes à l’environnement, parmi lesquelles certaines apparaissent toutefois comme étant préférables à d’autres.

Mots-cléfs : Carlson, pluralisme, protectionnisme esthétique, objectivité esthétique, Rolston

Abstract

We propose to present the foundations of the theory of environmental aesthetics that Ned Hettinger has developed under the name of « aesthetic protectionism ». In his theory Hettinger thinks that aesthetic considerations provide an important rational justification for environmental protection, without being exclusive of other types of arguments aimed to achieve the same objective. Aesthetic protectionism is a pluralist theory that strives to achieve a balanced synthesis of the different models of environmental aesthetics advanced since the early 1970s. Even if it grants a privilege to the cognitive aesthetics developed by Allen Carlson, then developed by Holmes Rolston as part of his own philosophy, Hettinger’s theory is aware of the limits of such an approach and expressly recognizes the existence of a multiplicity of legitimate aesthetic reactions to the environment, some of which, however, appear as being preferable to others.

Key-words: Carlson, pluralism, aesthetic protectionism, aesthetic objectivity, Rolston

Plan

    • Qu’est-ce que le protectionnisme esthétique ?
    • De la nécessité des arguments esthétiques en matière de protection environnementale
    • Protectionnisme esthétique et anthropocentrisme
    • Protectionnisme esthétique et objectivité esthétique
  • Pour un modèle pluraliste en esthétique environnementale

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Pour citer l’article : Hicham-Stéphane Afeissa.2018. Le protectionnisme esthétique de Ned Hettinger. La Pensée écologique. Vol 2(1).