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Concevoir la démocratie pour le long terme : innovation institutionnelle et changement climatique

Par Graham Smith

Vol 1 (1) – octobre 2017 – « Les transitions écologiques »

RÉSUMÉ 

Le court-termisme est un important dysfonctionnement de la démocratie, conduisant à des réponses politiques inefficaces pour faire face au changement climatique – enjeu parmi d’autres relatif au long terme. Cet article explore les sources des myopies de la démocratie et se demande comment les institutions démocratiques pourraient être conçues pour promouvoir une pensée de long terme et ainsi être plus efficace vis-à-vis du changement climatique. Une attention particulière est donnée aux objectifs démocratiques d’une Agence indépendante pour les Générations Futures, une innovation institutionnelle d’actualité.

ABSTRACT

Short-termism is a significant dysfunctionality of democracy, leading to ineffective policy responses to climate change amongst other long-term issues. This essay explores the sources of democratic myopia and considers how democratic institutions might be designed to promote long-term thinking and thus deal more effectively with climate change. Particular attention is given to the democratic qualities of an independent Office for Future Generations, a politically topical institutional innovation.

PLAN

  • La structure du problème du changement climatique
  • Les sources de la myopie démocratique
  • Vers une réponse constructive : approche de long terme et théorie démocratique
  • De la théorie vers la conception institutionnelle : l’argument démocratique pour une Agence pour les Générations Futures

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La chose est bien connue, les démocraties sont myopes par rapport au changement climatique ; elles privilégient les préoccupations immédiates au long terme. Deux exemples viennent à l’appui de cette critique de la démocratie. D’abord, le Stern Review : The Economics of Climate Change (2006), commandé par le gouvernement du Royaume-Uni, fournit des preuves claires et sans ambiguïté des avantages des mesures fortes et précoces qui contrebalanceraient considérablement les coûts de l’inaction. Le rapport estime que le changement climatique non-atténué coûtera 5% du PNB global par an (et des prévisions plus dramatiques atteignent les 20%). D’autre part, le coût des réductions d’émissions n’atteindrait qu’1% du PNB global. Pourtant, ce rapport – rédigé dans un discours économique mainstream et bénéficiant d’importants relais dans les médias et dans l’opinion publique – n’a eu qu’un impact très restreint sur les stratégies d’atténuation nationales ou internationales.

Pour consulter cet articlehttps://www.cairn.info/revue-la-pensee-ecologique-2017-1-p-h.htm

Pour citer cet article : Smith Graham.2017. Concevoir la démocratie pour le long terme : innovation institutionnelle et changement climatique. La Pensée écologique, 1(1), h-. doi:10.3917/lpe.001.0158.