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A propos de Quand la Terre va exterminer l’Humanité

Par Ekongo Lofalanga Elem’s (Docteur en Médecine, Chirurgie et Accouchements de la Faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa (1988), et spécialiste en santé publique internationale de l’École de santé publique de l’Université Catholique de Louvain en Belgique (1999)).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LPE : Ekongo Lofalanga Elem’s vous avez publié récemment Quand la Terre va exterminer l’humanité, (éditions du Panthéon, 2020) un titre qui exprime plus la conséquence de la thèse du livre que la thèse elle-même : la vie se déploie à des multiples échelles, la forme supérieure englobant et permettant les formes inférieures en taille. Pouvez-vous vous présenter et nous exposer les raisons qui vous ont conduit à écrire ce livre ?

Ekongo Lofalanga Elem’s : Le contenu de ce livre est la résultante de connaissances accumulées dans plusieurs domaines scientifiques et religieux développés par les humains. A chaque époque de son évolution, l’humain s’est toujours considéré être au summum de connaissances du Monde, mais à chacune de ces époques, il s’est toujours trompé dans certaines de ses connaissances essentielles relatives au Monde. Concernant l’existence de formes de vies dans le Monde, l’humain actuel est caractérisé par une grande ignorance de l’échelle existentielle des vies qui existe dans le cosmos.

Mon livre intitulé « Quand la Terre va exterminer l’Humanité » veut attirer l’attention du public sur la « vivantitude » et la « biologitude » de la Terre ainsi que sur les conséquences du parasitisme néfaste des humains sur leur propre devenir. La jurisprudence de la nature et de l’existence démontre qu’avant l’apparition de l’humain sur la surface de la Terre, « notre planète » avait été colonisée pendant des millions d’années par d’autres êtres vivants (grands dinosaures…), aujourd’hui complètement disparus. La Terre a poursuivi et poursuit encore son chemin destinal.

Par analogie, en considérant les humains actuels comme étant des « microbiotes » pathogènes à l’égard de la Terre, ne risquent-ils pas de subir le même sort funeste que les grands dinosaures ?

 

 

 

 

 

 

 

 

LPE : Le ressort essentiel de votre argumentation est analogique : de même que le corps humain abrite des expressions de la vie qui le considèrent non comme un être vivant lui-même, mais comme leur monde, nous sommes abrités non pas par un monde, mais par un autre être vivant, de plus grande échelle, en l’occurrence la Terre. Et ainsi de suite. Est-ce bien ça ? Pourriez-vous développer cet argument ?

E.K. : Oui, effectivement. Cette analogie reflète en même temps la simplicité et la complexité de l’échelle existentielle des vies au sein du cosmos. Les humains, la faune et la flore sont des microbiotes d’une Terre vivante. Les humains, la faune et la flore tirent leurs « vivantitudes » de la vivantitude de la Terre qui leur donne tout pour être des vies. C’est la vivantitude de la Terre qui donne la vie sur la surface de la Terre. Tout ce qui fait la vie sur la surface de la Terre vient de la Terre vivante. 

 

LPE : Disposez-vous d’autres arguments pour nous faire admettre que la planète Terre est un organisme vivant ? Quelle est votre définition de la vie ?

E.K. : Oui, la planète Terre est un organisme vivant par sa nature et à son échelle : elle est une forme de vie qui recèle tous les attributs du vivant et qui mène sa vie à sa manière et selon son propre entendement existentiel. La Terre est un être vivant qui a sa propre forme et son propre mode de fonctionnement qui diffère de ce que l’intellection humaine définit comme attributs du vivant. Comme attributs de la vie, la Terre dispose de l’énergie, de géomobilité, du géométabolisme, de la géophysiologie et de la géoanatomie.

La vie telle que définie par l’intellection humaine est réductrice et limitée par l’ignorance de l’échelle existentielle de vies qui existe dans le cosmos. La vie est plurielle et se manifeste de plusieurs manières sur la Terre vivante et dans le cosmos. Si la vie sur la Terre a besoin de l’eau et de l’oxygène, pourquoi la vie n’aurait pas besoin d’autres liquides et d’autres gaz pour éclore et subsister dans d’autres planètes et d’autres systèmes solaires qui pullulent dans le cosmos ? Si nous respirons de l’oxygène pour vivre, pourquoi d’autres créatures qui se trouvent ailleurs dans le cosmos ne respireraient pas du soufre pour vivre ?  

 

LPE : Vous entretenez, semble-t-il, une relation ambivalente à nos connaissances scientifiques actuelles et passées. D’un côté vous les mobilisez, par exemple en évoquant la disparition des dinosaures, en rappelant la découverte des microorganismes ou en évoquant le décentrement suscité par la physique classique naissante et, de l’autre, vous les fustigez car elles ne reconnaissent pas la Terre comme un organisme vivant. Quelle(s) place(s) occupent les sciences dans votre dispositif argumentatif ? A cet égard, il est étonnant que vous n’évoquiez pas l’hypothèse Gaïa de Lovelock qui défend justement l’idée de la Terre comme organisme vivant, au titre de système autorégulateur, et qui, après avoir été rejetée, connaît désormais une réception plus favorable. Je renvoie par exemple aux travaux du géologue Peter Westbroek. Sur un tout autre plan, je signale aussi à nos lecteurs la publication en 2001 du roman Colère (Livre de Poche) de Denis Marquet qui était une manière d’illustration romanesque de l’hypothèse Gaïa : la Terre, des animaux aux forces telluriques, se révolte contre la prédation globale de l’espèce humaine.

E.K. : La science est dynamique et évolutive. Les connaissances scientifiques ne sont pas statiques. La poubelle de l’histoire des sciences regorge de « connaissances scientifiques » jadis unanimes, mais qui sont tombées en désuétude à la suite des nouvelles découvertes et avancées de sciences. Il y a seulement six siècles, la quasi-majorité des « scientifiques » pensaient que c’est le soleil qui tournait autour de la Terre….

A propos de la « vivantitude » et de la « biologitude » de la Terre, la science actuelle demeure encore dans une ignorance funeste qui risque de conduire à la disparition de l’humanité.

A propos de l’hypothèse Gaïa, jusqu’au dernier point de mon livre, je ne m’étais pas documenté là-dessus. Mes réflexions sur l’échelle existentielle de vies dans le cosmos et sur la « vivantitude » et la « biologitude » de la Terre sont inédites.  

 

LPE :  Concernant les conséquences de votre hypothèse, à savoir que l’organisme vivant qui nous accueille pourrait et même devrait se débarrasser des êtres hautement pathogènes que nous sommes, vous vous fondez là encore sur un raisonnement analogique : celui du corps humain et de son immunité, ou la disparition des dinosaures il y a une soixante de millions d’années. Quels sont vos autres arguments ?

E.K. : En parlant de l’arsenal thérapeutique dont dispose la Terre pour se débarrasser des humains devenus des parasites hautement pathogènes, j’ai évoqué les thérapeutiques astrales dont dispose la Terre et qu’elle peut utiliser pour exterminer les humains, comme elle l’a fait auparavant avec les grands dinosaures. Les humains sont totalement à la merci de la Terre qui peut faire d’eux tout ce qu’elle veut et cela à tout moment si elle le souhaite.