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Précarité et passoires énergétiques : quels impacts et comment y remédier? Guide pratique

Par Camille Balavro d’Hello Watt

 

Selon un rapport du ministère de la Transition écologique, datant de septembre 2020, la France compterait près de 5 millions de passoires thermiques. C’est ainsi que sont appelés les logements aux performances énergétiques jugées médiocres. Voyons maintenant tous les tenants et les aboutissants de la précarité énergétique dont font l’objet un certain nombre de français.

La corrélation entre passoires thermiques et précarité énergétique

En 2019, l’Observatoire National de la Précarité Énergétique faisait état de près de 6,8 millions de Français en situation de précarité énergétique. Découvrons l’origine de ce fléau social ainsi que ses répercussions.

La précarité énergétique, qu’est-ce que c’est ?

Selon l’Ademe, on parle de précarité énergétique lorsqu’un ménage consacre plus de 10% de ses revenus à ses factures énergétiques. Les augmentations de prix du gaz et de l’électricité qui viennent toujours un peu plus alourdir la facture et aggraver cette situation. Mais quelle est donc l’origine de la précarité énergétique ? Elle est grandement liée aux passoires thermiques, ces logements qui ne parviennent pas à conserver la chaleur et qui laissent entrer le froid. Bien souvent, ces derniers sont anciens et loin des standards d’isolation actuels. Les déperditions thermiques obligent les occupants à chauffer toujours plus pour ressentir un certain confort lors de basses températures extérieures. Ajoutons que la précarité énergétique peut également prendre la forme d’un équipement de chauffage défectueux ou insuffisant. Une installation inadaptée ou même mal entretenue est source de dépenses énergétiques supplémentaires. 

Quelles sont les conséquences de la précarité énergétique ?

Le phénomène de précarité énergétique impacte notre société bien plus profondément qu’on ne pourrait le croire. En effet, il ne s’agit pas que de factures un peu trop salées et de petits coups de froid dans les intérieurs. D’un point de vue économique, les passoires énergétiques sont habitées par des ménages modestes à très modestes, voire même sous le seuil de pauvreté. Conséquences ? Les situations de surendettement sont une réalité pour beaucoup de ces personnes. Et cela ne s’arrête pas là. Un logement mal isolé peut conduire à son insalubrité. Entre humidité, moisissures et autres dégradations, ces conditions de vie sont propices à l’apparition d’effets indésirables sur la santé. Ils peuvent prendre la forme de problèmes dermatologiques, de maladies pulmonaires comme l’asthme, voire même de maladies cardiovasculaires. Chauffer une passoire énergétique est onéreux et les conséquences sanitaires n’arrangent en rien la situation économique des foyers qui les occupent.

Comment en venir à bout de la précarité énergétique ?

Miser sur la rénovation énergétique à grande échelle

La France souhaite mettre un terme aux passoires énergétiques de façon progressive. Pour y parvenir, des réglementations décidées par l’État sont mises en place dès maintenant, mais aussi pour ces prochaines années. Voici lesquelles :

  • Depuis le 1er janvier 2021, les propriétaires de passoires énergétiques (notés F ou G) ont pour interdiction d’augmenter le prix de leurs locations entre deux occupants. Cette restriction exclut les logements qui atteignent au minimum la catégorie E du diagnostic de performance énergétique (DPE).
  • En 2022, pour toute vente ou location, un audit thermique devra être effectué pour les logements notés F ou G.
  • En 2023, les logements dont l’étiquette énergétique affiche la lettre G, ne pourront plus être mis sur le marché de la location. De ce fait, pour qu’un logement puisse être loué, il devra impérativement afficher une consommation énergétique annuelle inférieure à 450 kWh/m².
  • En 2028, les propriétaires de logements de type passoires thermiques devront effectuer des travaux de rénovation énergétique. Ces logements devront au minimum être catégorisés E.

Des aides financières pour isoler les passoires énergétiques

L’Ademe indique que les déperditions d’énergie d’un logement se font jusqu’à 30% par le toit, 25% par les murs, 15% par les fenêtres et 10% par le sol. Ces déperditions sont toutes autant d’économies d’énergie qu’il est possible de réaliser. Pour cela, des aides financières ainsi que des primes existent pour soutenir les projets de rénovation énergétique des personnes les plus modestes :

  • L’éco-prêt à taux zéro permet de bénéficier, comme son nom l’indique, d’un prêt avec des intérêts à 0%. Son montant peut varier entre 7 000€ et 30 000€ en fonction du type de travaux d’isolation.
  • Ma Prime Rénov’ est déterminée sur la base des revenus ainsi que de la hauteur d’économie d’énergie apportée par les travaux.
  • Les aides de l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat) sont évaluées à partir du niveau de ressources du demandeur. Pour les revenus dits très modestes, un remboursement maximal de 50% des travaux HT peut être versé.
  • La TVA à taux réduit permet d’acheter le matériel nécessaire à l’isolation à moindre frais. Pour bénéficier de la TVA à 5,5%, l’achat des produits doit être facturé par une entreprise. Dans le cas contraire, ce sont les 20% habituels qui s’appliqueront.

Notez que d’autres solutions d’aides et d’économie d’énergie existent, retrouvez-les en  cliquant ici.