L’Église au chevet du climat

Publié le 30 | 11 | 15

À deux semaines de l’ouverture des négociations contre le réchauffement climatique, politiques et civils multiplient les actions. L’Église et et ses fidèles suivent la marche. Dans les pas du Pape François, auteur d’une encyclique historique pour l’écologie.

plaidoyer de deux cents pages pour l’écologie Reuters-Marc Rossi

Laudato Si’, plaidoyer de deux cents pages pour l’écologie Reuters/Marc Rossi

Manifestations, tables rondes, plaidoyers, les initiatives ne manquent pas à l’approche de la COP21, sommet international sur les changements climatiques qui débutera le 30 novembre prochain. Des initiatives parfois surprenantes et qui demandent une condition physique irréprochable. A l’image du pèlerinage initié par Yeb Sano, ancien négociateur philippin lors de la COP19, organisée à Varsovie en 2013. La longue marche, débutée le 30 septembre dernier à Rome, mènera ce fervent catholique à Paris. Arrivée prévue à temps avant la grande marche pour le climat du 29 novembre. Si tout se passe bien. De passage à Lyon il y a deux jours, Yeb Sano évoquait au média la Vieun message de justice et de paix que partage l’Église”. L’action détonne et illustre justement le combat entrepris par la communauté chrétienne pour la sauvegarde de la planète.

Coup de gueule du Pape

PapeJ’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète”. Le chef de l’Église se montre très clair dans son encyclique pour l’écologie publiée le 18 juin dernier et intitulé Laudato Si’, Loué sois-tu. Dans ce texte de quelque 200 pages, le pape appelle les Terriens à “prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre ce réchauffement ou, tout au moins, les causes humaines qui le provoquent et l’accentuent”. Affaiblissement des ressources naturelles, industrialisation de masse, gaz à effet de serre, et autres gaspillages sont dénoncés avec âpreté. Le message, porté haut par le Pape a généré enthousiasme et réjouissance du côté des politiques. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français, a salué dans un tweetun geste sans précédent” et “une contribution importante dans le succès de la COP21”. Même son de cloche du côté des écologistes, à l’instar de Nicolas Hulot qui déclarait le jour de la parution du texte : “Nous avons là un texte puissant, éclairant, et un renfort inespéré pour une mobilisation exigeante et positive pour mettre l’humanité, fin 2015, au pied d’une nouvelle ère”.

Le Pape François fait perdurer l’héritage des ses prédécesseurs, Benoit XVI et Jean-Paul II, tous deux très engagés sur le front environnemental. Le second expliquait notamment le 1er janvier 1990 que “les atteintes à l’environnement sont une menace pour la paix et que notre crise écologique est d’abord un problème moral”.

Les différents cultes main dans la main

Si l’Église se mobilise corps et âme à l’orée de la COP21, les différents cultes ne demeurent pas moins insensibles à la cause environnementale. Au contraire. Le 1er juillet dernier, François Hollande recevait à l’Elysée une délégation des principaux représentants religieux, dans le cadre de la Conférence des responsables de culte en France. Les membres représentatifs des trois religions monothéistes ont remis au chef de l’Etat une déclaration commune qui appelle à la protection des “populations les plus vulnérables aux impacts des changements”, et à favoriser un “développement écologiquement responsable”.

 

Si la COP21 ne débouche pas sur un commun accord le 11 décembre prochain, elle aura au moins eu le mérite de construire une conscience humaine. Et spirituelle.

Mathias Pisana, étudiant en M1 à l’IEJ Paris

 



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